
Hélène Larrivé, auteur et éditrice
("Secret de famille", "Noces kurdes", "Lettres à Lydie"...)
Retour au pays... et impression pénible :
un enfant abandonné,
qu'on retrouverait maltraité, exploité, pillé...
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Dimanche 31 mai 2009
entre Cévennes et Provence", comme partout...
Ce patrimoine, c'est nous, notre culture.
Il n'est pas à nous, mais nous, à lui.
La caresse du micocoulier,
Et le chant des oiseaux dans la vallée...
C'est la voix de nos ancêtres qui te parle
Et t'exhorte de les porter
Comme ils t'ont porté en eux."
Le mas Quissargues.
Zerbini, Lanot et un groupe de maquisards
y furent arrêtés en 44 et précipités
dans le puits de Célas.
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découvert après que l'on ait défriché, et même par endroit, tronçonné des arbres morts tombés en travers, pour pouvoir passer. Il a dû voir mon aïeul qui s'y est tué à cheval il y a 80 ans. Parlera-t-il ? A-t-il "vu" ? Etait-ce un accident ? Cold case.

Celui-ci, un talweg (un chemin ruisseau), un raccourci appréciable et ombragé, débouche sur le premier chemin : impraticable lui aussi. Lorsque l'un est fermé, d'autres le deviennent par ricochet: la végétation gagne etc... Et en dégager un, c'est aussi en dégager d'autres... parfois eux aussi bouchés plus loin: le maillage des anciens, comme un bas qui file, se défait et nous nous enfermons. Les distances se déforment, paraissent ou sont plus longues, la voiture devient obligatoire...

On a donc aussi défriché celui-ci, ce qui n'était pas prévu. Mais tout en haut, presqu'arrivé à la Roque, une immense déception: on tombe sur une jolie pelouse bien verte, enclose dans une propriété privée, dont on doit franchir la clôture pour sortir. Plus de chemin. Remblayé, le ruisseau, sur ce tronçon du moins ! Avec quoi ? Mystère. Et ses pierres ? Mystère, aussi, mais moins épais : le mas de cette propriété s'est agrandi depuis peu. Un classique.
L'eau passe pourtant [où?] et coule toujours en bas, aussi limpide qu'avant. En apparence. Dévier ou arrêter le cours d'un ruisseau est dangereux : l'eau saccagera tout, sur place ou ailleurs.
Vérification, aux archives

Le cadastre napoléonien, à Nîmes.
Emouvant : peint à l'aquarelle, tracé et écrit à la main, impeccable, méticuleux. Ici, on voit un puits, hélas comblé [en haut, au milieu de la ligne en pointillés] ; le chemin-talweg qui monte à la Roque, vertical, inscrit comme un chemin [et non en bleu comme un cours d'eau] ; et celui de St Victor, horizontal... et là, surprise : à cet endroit, il est bien plus large qu'on ne le supposait.
Dans tout le cadastre, on en voit bien d'autres, la plupart perdus, labourés, coulés, ou pire.
Un détail : le domaine public est en principe inaliénable.

Tout va bien. Mais... Mais ensuite, après cent mètres...

à l'esprit: une éventration.
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Je pense à Lydie, à Guy, à tous...
Disparus.
On n'a pas su le préserver
mais on va le reconstruire.
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Aux jeunes qui ne se laissent pas arrêter par des barrières,
aux poètes qui y cueillent des asperges ou contemplent les orchidées,
à Jorge qui y a durement travaillé,
à Fred le parisien qui y fait son apprentissage de paysan,
à Christian qui y retrouve son père,
à Mireille qui va y retourner sous peu, à plat à présent,
à Sandra qui y cultivait son jardin,
Aux vieux qui allaient y récolter les légumes de la soupe,
à Madame Pantousié qui y voit flotter l’âme de sa mère,
à Georgette qui y a trimé dans sa jeunesse,
aux fileuses qui se brûlaient les doigts,
et étouffaient dans la puanteur des chrysalides,
à tous… Ce chemin...
Ces splendeurs, notre patrimoine naturel et culturel voire cultuel, ces murs de pierres, quasiment occultés depuis longtemps, sont à présent relativement accessibles. A la collectivité de suivre: ce mur éboulé, c'est à des pro de le reconstruire. Il le sera ... sous peu : c'est au pied du mur dit-on, que l'on voit... l'élu. Ecolo ? Parfois. Souvent. Mou ? Parfois aussi. Ca dépend... s'il y a du vent ? Peut-être.
Un cadeau d'un ami à une maladroite. Merci, Jorge.

Partout, des campagnes, chemins, lieux historiques, baignades... deviennent inaccessibles et sont dégradés : peu à peu, nous délaissons les plaisirs naturels et gratuits, marcher, jouir d’un panorama, sentir des odeurs, observer la faune, la flore, se baigner dans un gourg… pour des loisirs imposés coûteux, artificiels, malsains, polluants : télé, piscines, autos. Notre patrimoine culturel fout le camp, ce patrimoine exceptionnel qui nous a été légué depuis des siècles encore intact par endroits : nos enfants sont privés de ce qui a enchanté notre vie.
Avant que ce ne soit irrémédiable, réagissons : allons nous promener ! Pique niquer, découvrir une grotte, des castors, oiseaux, plantes (parfois rares !) Rattrapons le coup si possible..."


Quelques débris cependant, sur les bords, trois fois rien.
Vôtan s'est baigné avec enthousiasme,
fasciné par les galets scintillants.
"Faisons aussi appel à nos élus. Notre région, chargée d’histoire, poétique et belle, partout est exaltée : un phare. Respectons la, faisons la respecter ! Et soyons vigilants : le saccage écologique ressemble parfois à de la "revalorisation" ! Abattage d’arbres, de buttées, comblement et déviation de ruisseaux remplacés par des pelouses, terrains de golf tape à l’œil… conduiront et ont déjà conduit à des catastrophes annoncées : sous peu, la terre qu’ils retenaient ou canalisaient glissera, l’eau emportera tout et partout. Ce sera donc à nous de rebâtir. Les promoteurs ? Indemnisés, loin. Bénéficiaires. L’addition ? Devinez."
Hélène Larrivé. Pour un comité de sauvegarde, avec le "Réboussier" (voir le blog et le site "larrive.info".) 06 87 55 42 13 ou 04 66 61 37 12.
Renvoyez la feuille : 513 ch Ranquet St Ambroix 30 ou laissez un message signature sur le net.
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Des herbes, rien de plus; une fois franchiesles ronces de l'accès,
on passe, et même bien.

L'âme de mes ancêtres ? aussi.
Mais... Mais...
Tu vois bien que ça ne va plus nulle part..."
Si ! Juste après, on retrouve le chemin intact.
Ouf. Ce n'était pas le terminus d'un cul de sac
mais un éboulement très circonscrit.


le Vénérable, 300 ans au moins, 6m de circonférence.
Il faut l'interroger. Il n'est encore pas très loquace, déshabitué qu'il est aux hommes, mais ça viendra. Il faut surtout le débarrasser de ce lierre qui l'importune. Lors du prochain passage, pensez-y.
(Tronçonneuse nécessaire étant donné l'engin.)
(ruisseau praticable à pied ou avec des ânes)
qui coupent le chemin; celui-ci
descend du point le plus haut de la Roque,
les "Trois pins", jusqu'à la Cèze.
Perdu dans des broussailles mais intact.
Quelques vestiges, pas encore archéologiques:
pièces de voitures, casseroles...
Dans 800 ans, les érudits se réjouiront.

LE monument.
Bordé de murs parfaitement ouvragés, dans un état impeccable d'un côté, c'est le chemin de la Viguerie, à demi enfoui depuis longtemps et récemment dégagé par l'eau (en 2002), l'eau qui a fait un travail d'archéologue.
Il comporte un puits en hauteur qui a l'air d'une tour : profond, ses bords circulaires semblent faits au compas. Impressionnant.
Voilà donc la "route" qui monte jusqu'à Saint Brès, Saint Geniès et rejoint Barjac, celle qu'empruntait mon aïeul... Une minute de silence.
Comment les maçons d'autrefois ont-il pu réaliser un tel ouvrage, avec de telles pierres, à un endroit pareil ? Attention: des sangliers occupent et ils n'ont pas le sens du communal. Venez avec un chien, l'odeur les fait fuir.

Passer par la montagne pour éviter de revoir le chemin éventré ? une idée idiote. Le soleil, la roche nue, les éboulis, les épineux... C'est Vôtan qui m'a tirée d'un mauvais pas. [Malaise, angoisse.] Il m'a léchée sans arrêt pour me "réveiller", faisant circuler le sang vers le cerveau, puis conduite vers un passage moins abrupt qu'il avait découvert ou deviné. Durant tout le temps que j'étais allongée, il s'est mis entre le soleil et moi. Lorsque les gendarmes sont arrivés à la route, merci à eux, je sortais des broussailles, hirsute, sans lunettes -perdues- ni foulard -perdu aussi- vêtements déchirés, mais relativement remise. Le soleil avait baissé.

le temps, "une illusion persistante"...
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Et, après que nous eûmes pioché, défriché, brûlé, charroyé, tronçonné et quasiment sécurisé les lieux (en tout cas, bien moins risqués à présent), que croyez-vous qu'il advînt ? Le chemin a été interdit.
A adopter !Tout ceci aurait-il été fait en vain, du moins pour l'instant? Qu'importe, il fallait le faire. "Il faut imaginer Sisyphe heureux." Mais dans quelque temps, il sera reconstruit par les "foyer ruraux" (gratuit)... Quelque temps ! Dans un mois dans un an... que le jour recommence et que le jour finisse... etc... Ca continue donc, mais cette fois, sur un autre flan : l'argent. On est écolo, oui ou non? C'est au pied du mur ...

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Et mon dernier livre "Le puits de Célas", qui fait suite aux "Lettres à Lydie" (à l'origine, c'était une préface) disponible dans toutes les bonnes librairies et à la "Maison de la presse" de Saint Ambroix en particulier.
Autres activités d'HBL : des sites Internet, rédaction, conception etc... (Ecrivain public et informatique.) 0687554213
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un cri de rage et de peine
En interdisant un chemin que nous venions de défricher et de sécuriser... vous n'aurez pas la voix de ceux qui dégradent des sites publics par inadvertance, mais en revanche, vous perdrez celle des écolos, plus nombreux... Une erreur. Car ce que tous voient ici est que des "inadvertants"— bien, la litote ? — sont absous ou loués... et les restaureurs-piocheurs, cinglés… Une image forte. Qui marquera. Beau comme l'antique.
Rage, désespoir et télé. Les experts, finalement, y a que ça de vrai...
C’est nous (nous tous) qui sommes atteints de plein fouet par ce geste [entre mille]: il est à présent un symbole et un exemple... et vous venez de rater un coche qui ne repassera plus. Maintenant que les gens peuvent aller se promener… du coup, vous êtes guettés au tournant. Et... trouvés ! [Pas prévu.] Rattrapez le coup si c’est encore possible, situez vous sans ambiguïté, redressez la barre vite : la seule manière est de reconstruire le mur abattu et surtout de lever cet interdit: un affront pour tous ceux qui se sont collés à remettre en état le chemin… sur la base que nos élus étant à présent écolos (parfois il y avait comme des doutes !) nous devions nous retrousser les manches, tous. Vous rendez-vous compte du désaveu que représente ce panneau apposé maintenant* ? Réflexions multiples : "Finalement, ils ne valent pas mieux que les autres, vous voyez bien…"
*A cause de l’exposition... des riverains, justement ? Décidément, l’affaire est de plus en plus cocasse. Soit, si ça apportait au village. Mais un pandémonium parfaitement enclos [et ne désirant que l’être davantage] fonctionne toujours en stricte autarcie sur tous les plans.
Ne tirez pas sur ceux qui vous/nous aident. Une question : qui porte le village ? Vous ? Oui. Ceux qui travaillent, par exemple, pour "paysans sans frontières" ? Oui. Ceux qui travaillent à l’agro biologie ? Oui. Ceux qui défrichent ? Oui. Qui lisent ou écrivent l’histoire du pays ? Oui. Qui organisent des randonnées ? Oui. Qui oeuvrent… font des sites, des films... sur la région [ou d'autres]? Oui ! Qui, comme les libraires -et il en reste peu!- se lèvent à cinq heures et demi, ouvrent même le dimanche... et trouvent le temps d'organiser des signatures ? Oui !! Tous ceux-là sont ici, à nos portes! Et nous/vous portent. Ce sont eux qu’il faut aider [ou au moins ne pas accabler]. Pas des "inadvertants". Mais bien sûr, ce n'est qu'un malentendu. Hélène Larrivé
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A ce sujet, Guenter Leitzgen,
cinéaste et historien allemand résidant à Erlan,
a réalisé un film sur la résistance dans les Cévennes,
remarquable, dans lequel il est question du Puits de Célas
et de Lisa et Hedwig, les deux résistantes allemandes
qui y furent précipitées. Qu'il en soit remercié...
et qu'il puisse le faire passer ici.
Il possède une maison à Chadouillet où il rend souvent.
Tapis rouge SVP: là, c'est le moins... Non?
guenter.leitzgen@franken-online.de
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... Et quelques réflexions plus calmes sur le pouvoir et le droit,
la diplomatie et la démagogie.
Ne pas dépasser la dose prescrite
Obéir à ses devoirs, c’est bien, mais pas les outrepasser. [Remarque d’un élu.]
La formule semble curieuse... mais elle est juste : droit et devoir sont les deux faces d’une même médaille, le droit de l’un est le devoir de l’autre etc... Les deux termes sont donc interchangeables d'un point de vue général et obéir à ses droits c'est obéir à ses devoirs. Si on peut, on doit. En effet, la même barque qui nous porte tous coulera avec nous si un seul la perce, même juste du côté qui lui « appartient ».
Donc outrepasser ses devoirs, c'est aussi outrepasser ses droits. Cela allège la charge mais peut devenir quête de pouvoir ou ingérence. L’excès de devoir est rarement reproché car le plus souvent [surtout lorsqu'un tiers est en cause, à juste titre ou non] on s’en remet au pouvoir pour faire respecter le droit, même dans des cas que l’on pourrait prendre en charge seul. On se croit impuissant et par définition le contrevenant est sûr de lui ; on craint des représailles et par définition le contrevenant est offensif ; on veut la paix : on se défausse. On se croit seul et à force de le supposer, on le devient.
Et cependant lorsqu’on peut rétablir le droit, si peu que ce soit [une pierre enlevée au milieu d’un chemin, une ronce…] on le doit. Cela peut-il conduire à une remise en cause du pouvoir, qui, ayant une vue plus large, apprécie autrement les urgences ? Ou au contraire à une collaboration ? Pourrait-on en profiter ? Excès de devoir = excès de pouvoir ? Ca dépend des cas. Subjectivité incontournable de l'acte humain, comme l'est pour les décideurs l'appréciation des urgences. Une question de bonne ou de mauvaise foi.
Mais le Pouvoir, qui se heurte à la passivité des uns [le sollicitant pour des futilités] et peut-être à l’excès des autres [qui prendraient en main une affaire lui incombant] met le citoyen sur le fil du rasoir : que faire ? Rien ? Assistanat. Trop ? Ingérence. Juste ce qui faut? Lorsqu’on s’y est collé, d'une ronce à l'autre... on va plus loin qu'on ne pensait, surtout lorsque d’autres ont pris la suite, ce qui était le but. Louable ? Non : on agit toujours pour soi. Blâmable ? non plus, assurément.
Mais il est vrai qu’un geste civique de bonne foi peut figurer [pour celui qu’il dérange] une ingérence. [Du moins l’affirme-t-il.] Celui qui se soucie peu du bien commun est souvent âpre à défendre son pré carré, fût-il un peu étendu : logique. Or le pouvoir doit ménager chèvre et chou [et davantage la biquette qui a les cornes plus acérées] : tout un art, entre éthique, pronostic et démagogie. [Nous avons (ou avions) élu des écolo certes ; mais le pouvoir modifie. Tous. Même le simple citoyen. Inéluctable.]
Entre chèvre
Et chou ?
Mais si le gouvernant doit louvoyer pour plaire à tous, le gouverné, lui, est libre d’agir : or l’engagement écolo étant nôtre [jusqu’à preuve du contraire] la question d’ingérence ici ne se pose pas. Ou alors cela signifierait que l'engagement de nos élus comporterait des limites... ou pire, serait démagogique. Cette question de limite, c’est donc à eux à présent qu’elle se pose : l’écologie n’étant en principe pas le fait des inciviques [logique !] plutôt sis du côté où penche la balance [et il y a peu, elle penchait mal] c’est à dire de leur intérêt, et à court terme, jouer leur jeu, ou en donner l'apparence, est erreur et faute.
La politique a ses raisons que l’éthique ignore, soit… mais ne pas dépasser la dose prescrite.
Sinon le résultat est forcément celui-là
Comme c’est facile ! Qui veut noyer son chemin l'accuse de... Et voici que l’interdit devient officiel. C'est carré.
Et ça donne des idées
Imaginons un autre scénar. Supposons que je fasse tomber le mur en haut de chez moi qui s’éboule. Vite fait bien fait, un coup de bull et hop. J’espère que les élus vont enfin interdire ce chemin dangereux qui me surplombe : oyez, oyez, ils sont responsables en cas d'accident, je le dis par pur souci civique et nullement parce que les fâcheux qui passent au dessus de chez moi m’insupportent, surtout depuis qu'il n'y a plus d'arbres pour me protéger des contrariants, même peu nombreux. Drôle, non ?
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Que vous nous déceviez un peu est naturel : le pouvoir change inéluctablement les gens, un prof, un proviseur de lycée, un président de jury de bac, un citoyen ou un élu du peuple... même le plus intègre. Le pouvoir, les responsabilités, les choix à faire, les comptes à rendre, la crainte de ne pas se montrer à la hauteur, entre marteau et enclume... être épié, scruté, manipulé, flagorné ou menacé, harcelé... cela change celui qui en subit ses aléas. Mais pas à ce point. C'est une question de limite, toujours. Délicate ? Oui. OK mes amis .Vous l'avez choisi : nous pas, (moi en tout cas). Justement pour demeurer libre de dire, d'écrire, et de faire. A vous d'assurer. On ne peut pas tout et pas sans vous. Contre vous ? Ce n'était pas prévu. En parallèle ? C'est déjà mieux. Allons, pas de pessimisme. Ce mur va être refait maintenant c'est sûr.
Messages 1 de Robin
Il est très bien et toi tu es superbe. Cependant une petite erreur : guet s'écrit sans accent. Et puis je n'aime pas l'expression "la nature n'est pas pour nous , nous sommes pour elle." C'est du panthéisme qui peut conduire à des excès. La nature deviendrait le grand manitou qui se fâche parfois et tue les brebis galeuses. Je pense que nous devons vivre en harmonie pour notre bien.
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[Voir à la fin des commentaires, un lien avec site intéressant sur un puits particulier dont il ne reste qu'un exemplaire en tout et pour tout, un balancier hydraulique, conservé dans un village, Châteauvieux.]
Nous sommes un maillon d'une chaîne qu'il ne faut pas rompre ou laisser briser (langue, habitus, architectures, bâti, paysages, techniques) sinon on n'est plus rien. Ce qui ne veut pas dire que cette culture, il faut la servir sans critique ; il y a toujours des éléments à jeter. L'intérêt de se relier à d'autres cultures ou d'être issu de deux différentes est justement de nous faire prendre conscience de la relativité des deux, donc de toutes.
Mais l'acculturation qui est le but de tout accaparement, même "soft", rejetant d'un bloc toute culture étrangère initiale déjà présente (si elle n'est pas directement profitable ou si elle gêne) est le mal absolu. Ou du moins ses prémisses. "Avant tout génocide, il y a acculturation" (Fanon, "Peau noire") C'est là que la notion d'"appartenance" prend tout son sens, comme un phare, un tropisme, une arme aussi... qui permet de se rétablir et de rétablir les choses, à la fois pour soi et pour les autres, morts, vivants ou à naître. Le soi disant "devoir de mémoire" (le terme "devoir" dérange) ce n'est pas seulement le Puits de Célas par exemple [un puis de mine près d'Alès où furent précipités en 44 des résistants morts sous la torture dont le fiancé de ma mère le premier]
... mais aussi tout simplement un paysage, une technique, un bâti, à préserver. C'est pourquoi l'acte de restauration minina est bon mais non louable. On agit en premier pour soi. Pour être en paix avec soi et avec les autres. Et pour donner une leçon aux "inadvertants", une leçon qui signifie "nous ne vous laisserons plus faire". Faire un exemple, simplement, afin que personne ne réitère l'"inadvertance".
Il est vrai que pour y parvenir, il faut se sentir "portée" par une détermination, une force... C'est comme si d'autres m'avaient soutenue par une sorte d'approbation, d'encouragement, implicites mais très clairement ressentis. Animiste ? Peut-être. Merci à toi. H
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Panthéisme ? Animisme, plutôt mais c'est proche. Le panthéisme, c'est : "Dieu est la nature" ou "deus sive natura". L'animisme, c'est y retrouver l'âme des autres. Un cran en dessous. Ce n'est pas Dieu que je retrouve dans la nature mais, à cet endroit là particulièrement, tout simplement l'esprit issu du travail de mes ancêtres cévenols. L'esprit dans le résultat de leur travail [disons un cadeau qu'ils nous ont fait.] Du matérialiste pur, associé à un certain spiritualisme, ce n'est pas contradictoire. L'idéalisme du réel, si l'on veut !
Il est vrai que je vois dans ce chemin, dans les pierres de ses murs, à cet endroit et en cet arbre par exemple, l'âme, j'emploie le mot pour simplifier... enfin "quelque chose" de mes ancêtres maternels cévenols, plus particulièrement de Lydie... et même de mon père ! "étranger" à la région... mais qui avait une fois conduit "au" bouc (!) la chèvre de Marguerite, jusqu'à Saint-Victor ! [hilarant et... émouvant, aussi, étant donné le personnage.]
Jean Larrivé, descendant direct de l'artiste du même nom,prix de Rome de sculpture de 1904. Stupéfiant.
Ah la génétique ! Le temps, une illusion persistante...
... quelque chose qui semble y flotter, éternel et palpable, même dans les bâtis. C'est inexplicable. Les plantes, les rochers ou les pierres conserveraient-ils la mémoire de ceux qui les ont côtoyés ? Qui y ont aimé et souffert ? Est-ce une illusion persistante, comme le temps ? Thérapeutique ?
Peut-être. Lorsque l'on se sent seul, lorsque quelqu'un d'aimé a disparu, quelqu'un dont on est fait génétiquement en le cas, alors, oui, la nature, les arbres, les animaux, les maisons même ou les bâtis... paraissent "animés", imprégnés d'eux, remplaçant ceux qui nous manquent définitivement. Les paysages sont leur création, comme nous. Même si les endroits où on les retrouve spirituellement sont sinistres. Pourquoi crois-tu que Josette va se recueillir au Fort ? Et Christiane, au Puits de Célas ? "C'est la dernière image qu'a vu mon père avant de mourir" m'a-t-elle dit après avoir vu le film. Je le ressens aussi. H
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Message 2 de Robert
Merci pour ce plongeon intratemporel. Je t'adore. Je ne crois pas être trop "écolo" mais sensible à coup sûr à ton sincère enthousiasme pour la nature et la région qui est nôtre. Ta démarche me touche beaucoup. Ta personnalité encore plus.
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Je ne me sens littéralement sur un nuage. Qui l'eût cru ? Un militaire, et de quel grade! J'attendais des... réflexions quasi ironiques. Et là, je suis soufflée. Merci pour tout. Si tu as été touché, tous le seront. H
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Message 3 de Michel
C'est très beau chère Hélène... mais quand revenez-vous à l'écriture enfin ? Vous tenez là un superbe sujet.
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Dès que ce chemin est restauré. [Ou en même temps, car ce blog est écrit, finalement, et, magie du net... publié en temps réel.] C'est pourquoi tout ça, qui peut vous sembler dérisoire. Eternel débat: l'écriture ou l'art en général ne se conçoit pas en soi, mais pour quelque chose qui le transcende. Je sais que tel n'est pas votre avis, cher Michel.
(Voir à ce sujet "http://causeriesdudimanche.blogspot.com".)
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Sur les techniques ancestrales perdues
Un village à la pointe, Châteauvieux !!!
Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs, Monsieur Alain Proust
Votre système semble génial ; est-il en marche ? Peut-on le voir ? On cherche quelque chose qui y ressemble un peu, qui fonctionnait autrefois à Saint Sauveur, près de Saint Ambroix... personne ne se souvient exactement comment.
Voici ce que je me rappelle. C'était un puits à balanciers (deux ? Un axe, deux bras avec des "seaux" ou des réservoirs au bout, qui oscillaient, puisaient l'eau de la rivière, alimentant une réservoir pour irriguer des jardins au dessus. Un système de pivot, à un moment changeait le sens du mouvement de l'axe : d'abord de haut en bas, le petit réservoir en bout se remplissait, ensuite, avec un bruit de clapet, (un ressort?) de droite à gauche (le bras se relevait et le système pivotait.) Lorsque le bras se trouvait à l'aplomb d'un grand réservoir, il était arrêté (par une buttée ?) qui renversait le seau (une autre buttée dans le réservoir ?)... le bras alors se redressait (l'autre s'abaissait en même temps sur la rivière pour remplir son petit réservoir fixé en bout) et ensuite, toujours avec un bruit sec (un poids roulant sur l'axe horizontal), le bras au seau plein se redressait, pivotait à nouveau horizontalement de droite à gauche vers le réservoir tandis que l'autre restait à l'aplomb de la rivière etc... Une roue et une balance à la fois.
Il fallait le régler en fonction du niveau de l'eau et régulièrement avec une sorte de manivelle (comme lorsqu'on remonte une pendule) et on disait qu'il était dangereux. Le contrepoids était lourd. Je cherche depuis longtemps et il semble que votre appareil y ressemble un peu.
A un autre endroit, il y avait aussi un autre système, plus simple. Celui là était immobile. Un axe, deux bras, mais non identiques au bout. L'un avait un seau au bout, l'autre un simple tuyau qui dépassait de son support, d'où sortait l'eau. Sur la partie horizontale (haute) de l'axe, celle qui joignait les deux bras, il y avait au dessus du tuyau une sorte de "curseur" (accouplé à un piston?) qui allait sans arrêt d'un bout à l'autre ; un bras était à l'aplomb du réservoir, l'autre, de la rivière. Ce système oscillait de haut en bas et ne faisait pas de bruit; il ne pivotait pas de gauche à droite comme l'autre. Je ne sais plus s'il devait être "remonté" comme l'autre.
J'ai 61 ans et ces souvenirs, flous, sont surtout rapportés par ma mère qui voulait restaurer le système chez nous. Elle est à présent décédée et cela fait plus d'un an que je cherche. J'enseignais (la philo) dans un école d'ingénieur. Personne n'a encore trouvé ! ni des copains/nes pourtant calés. Une technique ingénieuse sans doute pas unique, mais perdue à présent. Il faut la retrouver ! Bien à vous. Hélène Larrivé
http://cheminroque.blogspot.
Quel est le futé qui saurait comprendre ? Je voudrais (en le cas) utiliser l'eau d'une lagune de récupération d'eaux grises pour irriguer, sans énergie électrique si possible, mais ça peut servir à autre chose.
Mars, période difficile: les plantes n'ont pas encoreassez d'énergie pour digérer les eaux,
plus vite décomposées par la chaleur naissante.
Ca va mieux à présent : ça pousse à toute allure:
les typhas ont atteint 1,60 m en quelques jours. Ouf.
Je voudrais donc vider une lagune de récupération d'eaux usées pour arroser. On peut récupérer 50 litres d'eau par personne et par jour environ, dépolluées (enfin, théoriquement) par des plantes : phragmites, typhas, joncs des marais, papyrus, roseaux... et tout ce qui pousse seul au fur et à mesure...
Un écosystème se met en place assez vite... dont voici le fleuron, inattendu.
Un résident permanent peu farouche.Etant donné la dimension du type,
ça a l'air d'aller pour lui: cachette, abri,
mouches à volonté et sans efforts.
Espérons qu'il attire une compagne
en un lieu si paradisiaque.
C'est simple à réaliser, plus écolo et moins cher qu'un bac de dégraissage ou une fosse toutes eaux, qui doit être enterrée (et on est sur le rocher, comme le nom de "Ranquet" l'indique.) Il faut trois bassins de profondeur croissante, étanches (bâchés), séparés par des "barrages" filtrants (pierres et gravier volcanique.) Le dernier n'est pas planté et doit être vidé régulièrement. On utilise en ce moment une pompe électrique. On compte qu'il faut un mètre cube de lagune par personne. Le plus dur est de trouver et charrier de grosses pierres pour tenir la bâche de côté, mais c'est fait une fois pour toutes. Les seules contraintes : ne pas utiliser de "soupline", de démêlant ou de teinture à cheveux, ne pas laver au dessus de 70 degrés et évidement ne pas y jeter des produits toxiques (nettoyants à base de toluène ou de white sprit...) Eviter aussi de faire pipi sous la douche, ce n'est pas sympa pour celui qui pompe. Pour la vaisselle, utiliser de préférence une lessive à base de cendres (mais ce n'est pas obligatoire). On prend des cendres fines dans la cheminée (inutile de les tamiser si on les recueille à la louche, en haut du tas)... que l'on met dans un seau en plastique et on y verse (dehors si possible) de l'eau chaude ou tiède jusqu'à ce que la poudre ait tout absorbé. Attention aux projections si l'eau est trop chaude (ça "bout".) Au bout de quelques jours, on a une sorte de bloc friable qui dégraisse mieux que les produits classiques sans mousser ni polluer. On peut aussi directement placer les cendres dans de petits moules... et se laver avec ces "savons".

L'extrême rapidité de leur croisance
est jubilatoire : des plantes dont on n'a pas à s'occuper,
que l'on arrose juste en prenant sa douche !
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